Vin Bio Alsace

Notre Philosophie

Bon sens paysan, ouverture d’esprit, sagesse, humilité, persévérance et foi en l’avenir…

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Issu d’une famille de vignerons de mes deux parents, fils aîné d’une fratrie de cinq enfants, je suis plus ou moins prédestiné à prendre la suite de mon père. Cela tombe bien puisque la passion de mettre en valeur ses vignes qui m’ont vu naître m’anime déjà. Dans le monde viticole, transmettre un domaine est l’aboutissement d’un attachement profond à la terre et d’une vie de travail. Après avoir accompagné mon père pendant quelques années, je reprends le domaine parental en 1989.

Pourtant, je ne suis pas convaincu par le choix de conduite du vignoble. Mon père, homme de la terre réfléchi, n’a pas abandonné les bons gestes agronomiques, mais se laisse quelques fois flatter par des produits de synthèse. Je constate qu’il perd peu à peu, comme beaucoup d’autres vignerons, son bon sens paysan sans prendre conscience de l’enjeu.

De plus, mes études viticoles me rendent perplexe, elles orientent la viticulture vers une voie qui me semble sans issue.
Pour moi, la viticulture conventionnelle ne peut correspondre à un esprit libre et responsable. L’emploi de produits de synthèse n’est qu’un cercle vicieux. Pour pallier aux déséquilibres qu’elle engendre, la viticulture moderne s’appuie sur la béquille illusoire que lui propose la chimie.  L’usage des désherbants détruit la possibilité pour la vigne de s’alimenter puisque les racines ne peuvent plus le faire elles aussi, faute de vie dans les sols. Alors, les engrais chimiques se substituent au processus naturel de la croissance. Ce qui entraîne un déséquilibre qui induit une tendance renforcée aux maladies cryptogamiques. Pour y remédier, les anti-fongiques “systémiques” (véhiculés par la sève de la plante) prennent le relais… Elle est ensuite relayée par une pharmacopée œnologique similaire et toujours pressée, apports de levures aromatiques, enzymes, correcteurs de mauvais goûts… Tout cette chimie utilisée pollue les sols, l’environnement,  les vins et les Hommes. Mais aussi, elle bouleverse les écosystèmes, anéantie les terroirs. L’agronomie et l’œnologie modernes ne sont que des approches matérialistes néfastes à la vie. Elles fabriquent des vins technologiques uniformes, sans terroirs ni personnalité. Ils peuvent être parfois flatteurs mais ils n’ont jamais d’éclat ni d’âme, de plus ils sont dénués de tout sens nutritif et forces vitales.
En 1989, dès ma reprise du domaine, la vie me fait rencontrer Mr Michel Fritsch, conseiller viticole orienté vers l’agriculture biologique. Après mûres réflexions, je décide de rompre avec le système et de me lancer dans l’aventure, de me faire confiance en engageant la voie de l’agriculture biologique tout en étant conscient que je ne choisis pas la facilité.

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Je me trouve face à une certaine incompréhension. Tout d’abord celle de mes parents, non par mon choix premier mais par ses conséquences (davantage de travail, augmentation du coût de production, récolte aléatoire et peut-être difficultés financières…). Puis celle du système (“pourquoi tu vas prendre des risques à faire du bio puisque économiquement ça fonctionne!”).
Je ne suis pas surpris par leurs réactions, nous sommes dans un tel modèle économique que l’inconnu, la difficulté et le fait de ne pas être dans la norme peuvent déranger. Cependant, je ne me laisse pas distraire car je suis convaincu de mon choix et de ma volonté.

« Je veux faire des vins authentiques sans nuire aux Hommes et à la Terre et je veux m’épanouir dans mon travail »

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En 1993, je rencontre ma future compagne, Myriam. De part ses origines maritimes (née et habitante d’une petite île bretonne, fille de marin-pêcheur), rien ne l’a prédestine à la viticulture. Et pourtant, sa proximité face aux Eléments lui confère une certaine sensibilité et humilité. Elle décide d’entreprendre des études viticoles pour m’accompagner dans mon travail et m’aider à tenir mon cap.
Au fil du temps, nous remarquons des changements de comportement du sol et de la vigne qui trouvent un certain équilibre. Nous avançons dans notre compréhension et notre perception avec le soutien permanent de toute la famille.

Puis un jour, mon parcours m’amène à Mr Pierre Masson, l’un des conseillers français très reconnu en biodynamie. Alors, je me rends à l’évidence : ma quête est plus profonde ! Mes très nombreux questionnements sur la vie du sol, la pérennité du vignoble, ma responsabilité sanitaire, l’héritage environnemental et cultural, mon rôle dans la Nature… me font prendre conscience que le seul chemin répondant à mes interrogations est celui de la biodynamie. Je participe à de nombreuses formations et nous décidons de l’appliquer sur notre vignoble en 2004 (certifiée en 2010).

« La Terre doit accueillir le Ciel »

La position de l’homme doit changer. La place qu’il occupe dans la Nature n’est pas un privilège donnant tous les droits, mais une dignité invitant à l’humilité et conférant des devoirs envers cette dernière. Nous devons être au chevet de la vie, connaître et comprendre les processus de vie et les rythmes de l’Univers, c’est-à-dire ceux de la Terre et ceux du Cosmos afin de les respecter au mieux dans nos pratiques culturales.

Pour être un compositeur de grands vins de Terroir, le vigneron doit être en symbiose avec son vignoble et comprendre que le vin prend vie dans la vigne. A condition qu’il y règne un biotope où le sol est source d’énergies pour la vigne au même titre que son environnement cosmique. Il faut donc avoir une approche beaucoup plus subtile, une approche énergétique, reconnaître que la vie vient du Ciel et qu’elle rayonne dans un sol vivant et nourricier.

Adopter l’adéquation “Cosmos-Terre-Vigne-Homme”.

Ce choix de l’exigence et de la patience s’avère être le bon puisque aujourd’hui, je suis un vigneron comblé, l’épanouissement de mon vignoble me va droit au cœur.