Vin Bio Alsace

Au vignoble

Insuffler au vignoble l’énergie et le bien-être dont il a besoin pour s’épanouir pleinement et lui garantir une longévité maximale.
Le Terroir est une complexité qui réunit la géologie, la topographie, le climat, la faune et la flore. Comprendre un Terroir, c’est choisir un encépagement, son porte-greffe, la densité de plantation, la taille et le travail de sol approprié.
Chimie de synthèse et terroir sont incompatibles.

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Le vignoble alsacien (15000 hectares environ) est choyé par la nature. Protégé par le massif des Vosges, les influences océaniques y sont limitées, la pluviométrie est la plus faible de France. Le climat semi-continental par ses, journées chaudes et sèches une très grande partie de l’année, est bénéfique à la vigne pendant toute sa période végétative. En période automnale, les journées chaudes alternées de nuits fraîches favorisent une maturation lente du raisin, ce qui lui confère des arômes complexes et une acidité épanouie donnant aux vins une fraîcheur unique. Quant à la géologie, l’histoire du massif rhénan nous offre une exceptionnelle mosaîque de sols.

Ces richesses unies à la biodynamie permettent de produire, en AOP ALSACE, AOP CREMANT D’ALSACE, sept cépages, sylvaner, pinot blanc, riesling, pinot gris, muscat, gewurztraminer, pinot noir, dans des conditions optimales d’expression.

Notre vignoble

  •  Superficie: 8.5 ha, plus de 45000 ceps (choix d’un vignoble de taille humaine afin de pouvoir entretenir une relation étroite avec lui).
  • Densité: 5000 à 6000 pieds/Ha.
  • Exposition: Sud, adossée aux contreforts vosgiens.
  • Types de sols: terrains alluviaux et glacis d’épandage anciens, sablo-argileux, limono-sablo-argileux, sable: résidus gréseux, loess et lehm.
  • Lieux-dits: FRONHOLZ ET FRUEHMESS (propices au Riesling).
  • Age des vignes : 35 ans en moyenne, allant jusqu’à 65 ans.
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Cycle végétatif de la vigne

Le cycle végétatif de la vigne s’étale sur deux années. Au cours d’une année, la vigne s’extériorise entre les deux équinoxes. À l’équinoxe de printemps, débute les pleurs. C’est la période de la montée de sève. Les pleurs sont caractérisés par la sève qui coule du sarment à l’emplacement du coup de sécateur. Ils entraînent avec eux les éléments pathogènes (maladies de bois) et favorisent la cicatrisation due à la taille. Un peu plus tard, vient le débourrement, le bourgeon, placé sur le sarment de l’année précédente, gonfle et sort de sa bourre (duvet). Dans ce bourgeon terminal, les grappes sont déjà pré-formées ainsi que les bourgeons secondaires responsables de l’initiation florale de l’année suivante. Avec l’avancée du printemps, le bourgeon se transforme en rameau lequel s’allonge nœud après nœud pour devenir sarment. À l’extrémité des rameaux, se trouve l’apex, véritable cerveau de la vigne.

Il empêche la pousse des bourgeons secondaires et prépare chacun d’eux à la formation d’inflorescences qui donneront des fruits l’année suivante. Ainsi, la prise en compte de l’apex est fondamentale. L’écimage des vignes ne doit jamais s’effectuer avant le solstice d’été car l’élimination de ce dernier engendrerait le développement des bourgeons secondaires (entrecœurs). Ces derniers créant un excès de végétation dégraderaient la bonne aération de la surface  foliaire et faciliteraient

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le développement des maladies et de la pourriture. De plus, le surcroît de végétation est en lien avec une demande plus forte d’azote, au moment où la vigne s’apprête à ralentir son cycle végétatif pour se concentrer à la maturation de son raisin. Quelques semaines après le débourrement, les inflorescences apparaissent, puis vient la période de la floraison. Les vignes destinées à la production de raisins sont hermaphrodites. Une fois la fleur libérée de sa protection (corolle),

les étamines libèrent le pollen qui vient se déposer au niveau du pistil, c’est la fécondation. De celle-ci se formeront des pépins, futurs grains de raisin. Cette période cruciale s’appelle la nouaison. Elle ne dure que quelques jours mais elle est liée au climat du moment. S’il fait chaud, la bonne fécondation augure une belle récolte; si au contraire, il fait froid et il pleut, la fleur avorte entraînant coulure et millerandage et la récolte est compromise. Deux à trois semaines après la nouaison, vient la fermeture de la grappe. Les raisins grossissent, la grappe se ferme. Le cycle végétatif ralentit puis s’arrête. Fin juillet, début août, c’est la période de la véraison, le raisin change d’aspect. Le raisin blanc devient translucide et le rouge se colore. La vigne concentre alors tous ses efforts dans la maturation du raisin (les pépins peuvent alors germer), et dans l’aoûtement du bois ( il murit en se lignifiant= devient sarment). Commence alors son sprint final pour arriver à la maturité parfaite aux environs de l’équinoxe d’automne, environ cent jours après la mi-floraison.

Conduite du vignoble sur une année

Mi-septembre à fin octobre
  • Contrôle de maturité permanent des raisins. Il permet d’analyser la richesse des sucres et le niveau d’acidité ainsi que la maturité phénolique de la pellicule et des pépins (tanins = anthocyanes). La dégustation des baies fournit des informations précieuses sur la qualité et l’expression du fruit afin de déterminer le compromis des deux maturités pour récolter à parfaite maturité.
  • Vendanges tous les raisins sont récoltés à la main en tris sélectifs et mis en cagettes afin de conserver toute l’intégralité du fruit (ne pas altérer leur potentiel arômatique et leur fraîcheur). Elles sont étalées au minimum sur six semaines. Elles commencent par les Pinot blanc pour l’élaboration des Crémants et se terminent, selon le climat de l’année, par les Vendanges Tardives et les Sélections de Grains Nobles.
Novembre
  • Travaux de sol, ouverture du sol sur tous les rangs et un passage aux disques sous les rangs pour créer un léger cavaillon. L’objectif est d’aérer le sol sans le retourner.
  • Épandage du compost dynamisé par rotation tous les quatre ans environ.
  • Pulvérisation de bouse de corne préparée (500P).
Mi-décembre à début mars
  •  La taille est le facteur essentiel dans la recherche qualitative. La vigne est une liane qu’il faut impérativement tailler pour la contrôler et améliorer son potentiel qualitatif et sa pérennité. Elle consiste, lors du repos végétatif, à supprimer les bois inutiles de l’année précèdente et à préparer la future récolte en guidant la croissance du cep. Un cep est vivant, il faut savoir l’observer et l’analyser. La taille est adaptée à chaque cep selon son état général. Le but est de contrôler le nombre de grappes pour avoir une récolte à maturité optimale, de limiter la vigueur ou le dépérissement (esca, euthypiose). Elle commence après la chute totale des feuilles. Nous taillons en Taille Poussard guyot double qui permet, en gardant deux sarments de l’année précèdente, de lutter contre le dépérissement de la vigne en équilibrant le cep pour garder un flux de sève continu et cohérent. Les plaies de taille doivent se trouver au-dessus du cep. La taille est effectuée en Lune descendante car c’est à ces périodes qu’elle est la plus équilibrante. Dans le cas de vignes avec des symptômes de maladies de bois, il est préférable de tailler en mars car les pleurs de la vigne (montée de sève), dus au printemps, chassent les éléments pathogènes. Le choix d’ un jour “fruit” plus précisément la constellation du Lion, s’avère très régénérant. Une vigne faible se taille en périgée.
  • Descente des bois de taille et nettoyage du bois, elle consiste à retirer du plan de palissage les sarments coupés et de les mettre à terre sur les rangs enherbés, puis de couper les vrilles des deux sarments choisis.
  • Broyage des sarments coupés, c’est-à-dire déchiqueter mécaniquement les sarments afin de fertiliser le sol.
Mars
  • Redressement du plan de palissage, changement de piquets cassés, d’amarres et contrôle de remise en tension des fils.
  • Liage , il consiste à vérifier si chaque cep est encore bien attaché au fil du bas car les passages pour travailler le sol risquent de les emporter.
  •  Arcure, les deux sarments de l’année précèdente gardés à la taille sont courbés sur le deuxième fil et attachés sur le 1er fil (fil du bas). L’arcure favorise une répartition harmonieuse de la végétation. Chaque bourgeon poussant sur ces sarments donnera naissance à un rameau lequel portera du raisin.
  • Travaux de sol, passage sur les rangs travaillés et disques sous les rangs. Pas de passage sur rangs enherbés.
Avril
  • Travaux de sol, passage sur les rangs travaillés avec en plus des disques si peu de présence d’herbes ou d’ humidité ou passage avec en plus des lames interceps si trop d’herbes sous les rangs. Fauchage selon développement sur les rangs enherbés. Ce choix de travaux de sol à pour but de maîtriser les adventices, maintenir un couvert végétal naturel, améliorer la structure et la portance du sol, favoriser l’activité des micro-organismes.
  • Compostage
  • Binage manuel des jeunes vignes.
Avril, mai (selon le climat)
  •  Plantation de nouvelles vignes ou replantation dans vignes existantes
    Avant plantation: travaux de sol appropriés, couvert végétal et applications de préparats biodynamiques pendant 2 années.
    À la plantation: le choix de la sélection massale est retenu avec attention à l’adaptation du cep et du porte- greffe au tandem sol/climat. Chaque cépage est planté en adéquation avec son terroir. Plantation manuelle en Lune descendante et jour ” racine” afin de favoriser un bon départ racinaire. Elle s’effectue la troisième année, ainsi le sol est reposé et bien préparé.
  •  Tuteurage de jeune parcelle.
Mai
  • Épamprage, il se fait manuellement, il consiste à supprimer les rejets qui poussent à la base du pied du cep.
  •  Reprise de ceps, à l’inverse de l’épamprage, quand un cep dépérit ou qu’il est trop tordu et qu’il a une pampre bien placée à son pied, alors cette dernière est reprise et fixée sur un tuteur afin de reformer le cep.
  • Traitements phyto-sanitaires, sont répétés environ tous les dix jours, cela jusqu’à la fin juillet . Ils sont utilisés en préventif et consistent à pulvériser sur les feuilles (par contact) des décoctions et tisanes de plantes (achillée, camomille, écorce de chêne, osier et prêle), du cuivre et du soufre afin de renforcer la vigne contre les attaques de maladies cryptogamiques telles que le mildiou et l’oïdium. L’emploi des décoctions et tisanes permet de diminuer sensiblement les doses de cuivre et de soufre. La fréquence est adaptée au climat de la saison et si présence de maladie ou pas.
Fin Mai
  • Travaux de sol, sur les rangs travaillés, rapide passage avec un jeu de quatre disques crantés pour supprimer l’herbe avant quelle ne soit trop dense.
    Tous ces travaux de sol sont effectués avant que la vigne fleurissent car elle a besoin à ce moment là de toute son énergie par conséquent, il ne faut pas que les adventices lui fassent concurrence.
Mai, juin
  • Ébourgeonnage, opération manuelle complémentaire de la taille extrêmement importante pour la préservation de l’équilibre du cep. Elle est purement qualitative. Elle consiste à éliminer les bourgeons superflus afin de limiter le nombre de raisins, d’aérer le végétal et de préparer la taille à l’hiver suivant.
Juin
  • Pulvérisation de la silice de corne (501).
  • Palissage, il consiste à relever la végétation et à la maintenir entre les fils. Il sert à développer la surface foliaire exposée (facilite la photosynthèse pour une meilleure maturation), à éviter l’entassement de la végétation pour aérer les raisins (limiter le pourrissement). Il permet un maintien des sarments en cas de forts coups de vent orageux parfois si violents et facilite le passage du tracteur dans les rangs.
  • Échardage, il consiste à supprimer les éventuels entrecœurs (bourgeons secondaires qui poussent sur le sarment de l’année). Ces derniers se développent et concurrencent le raisin. De plus, l’excès de végétation favorise l’humidité par conséquent le développement de maladies. Il se pratique en même temps que le palissage.
  • Fauchage, effectué, si besoin, sur les rangs enherbés avant la floraison pour que l’herbe ne fasse pas concurrence à la vigne.
Juillet
  • Effeuillage manuel éventuel, il consiste à éliminer, du côté du Levant, les feuilles proches des raisins pour augmenter leur ensoleillement et leur aération afin de limiter les risques de dégradation par la pourriture grise quand le climat est humide. Cependant, il faut rester prudent car la feuille sert de protection au raisin en cas de pluie ou de grêle.
  • Travaux de sol, ceux sont les derniers de la saison. Ils se font uniquement sous les rangs avec les lames interceps ou disques . S’ajoute un fauchage éventuel des rangs enherbés (un fauchage en période sèche provoque un déséquilibre hydrique lourd de conséquences) effectué en même temps que le rognage.
  • Rognage et écimage, ils consistent à couper l’excès de végétation sur les côtés et le haut du plan de palissage. Il est effectué après le solstice d’été et en Lune descendante afin de limiter voire arrêter la croissance végétative et concentrer la vigne dans sa phase de maturité afin d’obtenir des acidités bien abouties.
  • Pulvérisations éventuelle de silice de corne (501), si la période est pluvieuse ou de bouse de corne (500) associée à une tisane de camomille matricaire si la période est très chaude et sèche.
Juillet, août
  • Deuxième épamprage manuel, selon le cépage et la précocité du premier.
Fin août, début septembre
  • Fauchage pour faciliter la vendange, si besoin.
  • Pulvérisation de silice de corne (501).
  • L’application d’argile bentonite sur le raisin dans les vignes dispensées aux grandes surmaturations si le climat est trop humide.

Il est absolument indispensable d’apprendre à regarder le sol et la vigne, de saisir leurs tendances afin d’appréhender leurs besoins.